La résilience- suite-  (Etats d'âme) posté le mercredi 01 septembre 2010 08:07

Facteurs de protection

Certains traits sont présentés comme étant des facteurs de protection contre des comportements déviants, comme la délinquance, l'agression, les infractions criminelles et la violence. 

  • l'estime de soi; 
  • la confiance, l'optimisme et un sentiment d'espoir; 
  • l'autonomie ou un sens d'auto-développement et d'indépendance (la capacité d'exercer un effort, de satisfaire ses propres besoins); 
  • l'endurance ou la capacité de combattre le stress; 
  • la sociabilité; 
  • la capacité de vivre une gamme d'émotions; 
  • des aptitudes positives permettant de faire face à des problèmes et de les résoudre, de prévoir les conséquences; 
  • développement approprié pour l'âge; 
  • moins de tendance à se blâmer pour la violence dans la famille; 
  • la compétence de l'enfance, démontrée par des signes comme se livrer à des activités régulières, avoir un emploi à temps partiel, participer aussi bien à des activités scolaires que parascolaires, réussir relativement bien à l'école.

Facteurs externes pouvant soutenir un enfant en souffrance

Lorsqu’un trauma, un fracas, une épreuve arrive, même les enfants qui possèdent des ressources internes, ne peuvent pas reprendre leur développement sans l’aide de ressources externes affectives proposées par la famille, les amis, les voisins et de ressources sociales disposées autour d’eux par la culture ou les institutions. Un enfant imprégné par un attachement insécure, même si des ressources externes sont disposées autour de lui, reprendra son développement avec plus de difficultés qu’un enfant qui a bénéficié d’un attachement sécure. 

On réussit à développer la résilience en rencontrant des problèmes d'une manière telle et à un moment tel que l’on peut les traiter avec succès. […] Sur le plan psychologique, c'est la même chose. L'idée que les enfants puissent grandir sans stress et sans adversité est un mythe - au sens de mensonge. C'est impossible. Et d'ailleurs, cela ne serait pas une bonne chose. On a besoin d'avoir des défis, on a besoin d'un certain niveau de stress. Ce sur quoi l'on doit réfléchir, c'est la manière d'aider les enfants à traverser les difficultés avec succès. "

Il faut frapper deux coups pour créer un traumatisme

Le premier coup, dans le réel, est la blessure : on a mal, on a froid, on est humilié. Le traumatisme naît du second coup, porté par la représentation du réel. « Je suis né hors mariage et vous m’insultez en me nommant bâtard ». Cette naissance pose peut être un problème à la mère dans le réel : elle peut être seule et anxieuse, c’est le premier coup. Le traumatisme apparaît avec le rejet de la famille ou le regard social insultant : « Je souffre de ce qui m’est arrivé, mais surtout de l’idée que vous m’en renvoyez ». 

La dangerosité du slogan « Il a été maltraité, il va reproduire » 

Une erreur de méthode – la méthode rétrospective - commise par les premiers chercheurs dans le domaine de la maltraitance, est responsable de ce slogan criminel. Les chercheurs demandaient aux parents maltraitants s’ils avaient été eux-mêmes maltraités. 9 parents sur 10 répondaient par l’affirmative. Les chercheurs ont conclu que la maltraitance se répète dans 90 % des cas.  Les recherches prospectives n’entraînent pas du tout les mêmes conclusions. Une étude menée sur 49 enfants maltraités, suivis jusqu’à ce qu’ils deviennent parents, montre que 9 d’entre eux ont maltraité leur progéniture. On retrouve donc la répétition de la maltraitance dans 18 % et non 90 % des cas. Si l’on s’occupe des enfants maltraités, ce chiffre descend à 5 %, ce qui reste une chiffre important par rapport à la population générale. Il prouve aussi qu’il existe tout de même une difficulté émotionnelle chez ces personnes. N’ayant pas appris à ritualiser la colère (gronder un enfant et poser des limites sans violence), ils utilisent la violence. 

Dans notre culture, on encourage l’enfant blessé – et je ne sous-estime pas la gravité des traumatismes – à faire une carrière de victime.  Nous avons précisément tendance à enfermer l’enfant blessé dans une étiquette qui l’empêchera de s’en sortir. Pendant des siècles, le simple mot de "bâtard" a massacré des centaines de milliers d’enfants nés hors mariage qui étaient honteux et malheureux de leur situation. Le regard des autres compte énormément et, d’une manière générale, je m’insurge contre tous les discours de fatalité à propos des victimes. J’ai suivi pendant très longtemps un petit patient ayant été incroyablement maltraité, on a réussi à s’occuper de lui comme de ses parents et il a bien évolué en faisant des études pour apprendre un vrai métier. Un jour, je le vois débarquer dans mon bureau plié d’angoisse parce qu’il était amoureux ! "C’est affreux, m’a-t-il expliqué, j’ai été maltraité, maintenant je vais le répéter", et il a fait une tentative de suicide. Il avait été doublement maltraité : par sa mère et par un slogan ravageur, hélas encore colporté chez les professionnels ! Les enfants maltraités ne sont pas obligatoirement condamnés à devenir des maltraitants. Certes les parents maltraitants ont très souvent été des enfants maltraités, mais il n’est pas obligatoire qu’il y ait une continuation, et toutes les études cliniques sur de longues périodes le confirment.

Tout le monde doit participer à la résilience

J’entends trop souvent dire « je ne peux pas m’occuper de lui, d’elle, je ne suis pas formé pour ça ». Or, je pense qu’en cas de blessure individuelle ou sociale, tout le monde doit participer au processus de résilience. Un moniteur de sport, une éducatrice qui apprend aux enfants à chanter ou à peindre peuvent les aider à reprendre leur développement. Au Kosovo, j’ai vu des jeunes filles de 18 ans faire des miracles, après une courte semaine de formation. Elles se sont mises à la disposition des enfants sans les forcer à parler et leur ont appris des poésies et des chants. Grâce à un projet partagé, on tisse un lien auquel on pourra ensuite donner un sens en parlant avec l’enfant pour comprendre ce qui lui est arrivé. 

Une activité sportive ou artistique (dessin, théâtre), une rencontre déterminante, une épreuve de responsabilité... Il est mille tuteurs possibles qui peuvent contribuer à reconstruire l'image, souvent très négative ("je suis un enfant-poubelle", disent-ils souvent), que les petits blessés de l'âme ont d'eux-mêmes. Mais la représentation de leur tragédie passée et de leurs rêves d'avenir dépend aussi "des réactions des spectateurs, de l'opinion des juges et des stéréotypes du discours social". Meilleur sera l'accueil, plus aisée sera la résilience.  Celle-ci, pour autant, n'est pas une recette magique ni une qualité intrinsèque, encore moins un état. Certains y excellent, d'autres non. Elle peut exister à un moment donné de la vie et, soudain, sans raison apparente, ne plus fonctionner à un autre. Mais le simple fait de savoir qu'elle existe – ou du moins d'y croire – rend l'avenir moins sombre. "Un gamin est foutu parce qu'on l'a pensé foutu", affirme Cyrulnik. C'est cela aussi, la résilience : une promesse de vie pour tous les enfants victimes de la violence humaine, de la misère ou de leur entourage proche, un appel au dépassement de soi, une pensée positive par temps d'inquiétudes. Plus que l'énergie du désespoir, une espérance.

Les enseignants, comme tuteur de résilience

Nous avons réalisé une étude auprès d'enfants meurtris par la violence, la misère ou les restructurations familiales, qui avaient réussi leur vie. Les enseignants qui avaient connu ces enfants expliquent cette réussite par leurs qualités intrinsèques, une sorte de nature scolaire qui leur permettait de réussir à l'école. Or ces enfants considéraient, eux, que c'est grâce à un enseignant qu'ils avaient réussi à reprendre confiance en eux. Je me rappelle d'un entretien avec l'un d'entre eux, qui se rappelait précisément d'un enseignant qui l'avait félicité pour son travail. Il m'a dit la chose suivante : " c'est la première fois qu'on me parlait comme à un homme. " Le message banal du professeur s'est avéré être un message d'une grande importance. Les enseignants sous-estiment leur capacité à " rattraper " les enfants blessés, dont presque tous attribuent à un enseignant la parole qui a été, pour eux, un facteur de résilience. 

L’importance de la créativité, de l’expression, de l’engagement social, comme facteurs de résilience

La victime est une personne blessée à qui on doit réapprendre à marcher. Or, j’entends encore très souvent « Avec ce qui lui est arrivé, il est foutu ». Les avocats - qui manquent de formation à la résilience – disent parfois à l’agresseur et devant l’enfant : « Il ne se remettra jamais de ce que vous lui avez fait ». Ils désirent légitimement obtenir justice, mais l’enfant retiendra que sa blessure est irréparable. 

L’enfant blessé doit pouvoir exprimer son monde intime, par le chant, le dessin, la littérature… L’engagement social peut aussi être un formidable facteur de résilience : les femmes qui ont subi un viol, par exemple, rejoignent souvent des associations de soutien aux victimes. Elles ne parlent pas d’elles, mais à des femmes comme elles. Ces femmes font un excellent travail, bien plus pratique qu’idéologique car elles souhaitent comprendre et prévenir l’agression subie. Notre regard sur l’enfant blessé ne peut pas être statique. C’est avec le mot « devenir » en tête, que nous provoquons des interactions qui le soutiennent. 

Conclusion

Pour conclure, je crois qu'il est nécessaire d'abandonner définitivement le modèle de la physique appliqué à la vie. La conception qui consiste à penser qu'une cause provoque un effet pendant toute la vie est irrecevable. Nous sommes entourés par une multiplicité de déterminants. Plus les déterminants sont nombreux, plus la société organise des lieux d'expression et de développement intellectuel, scolaire, culturel, sportif, affectif, et plus les possibilités pour un enfant blessé de réussir sa vie sont importantes. Il faut cesser de raisonner en termes de causalité linéaire.  Cela implique de modifier notre point de vue : nous participons aux développements des autres, à notre insu. De tout petits signes peuvent se transformer en cadeaux énormes pour ces enfants. 

Source : http://www.webdlambert.com/dossier-resilience.html

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La résilience-première partie-  (Etats d'âme) posté le lundi 30 août 2010 12:29

Selon le psychothérapeute Boris Cyrulnik, "environ une personne sur deux subit un traumatisme au cours de son existence, qu’il s’agisse d’un inceste, d’un viol, de la perte précoce d’un être cher, d’une maladie grave ou d’une guerre".

La résilience, c’est quoi exactement ? 

En physique, la résilience est l’aptitude d’un corps à résister aux pressions et à reprendre sa structure initiale. En psychologie, il s’agit de la capacité à vivre, à réussir, à se développer en dépit de l’adversité.

La résilience représente la capacité d'affronter avec succès les risques et les déboires sérieux de l'existence. Il s'agit d'une combinaison de force intérieure, d'appui de l'extérieur et d'apprentissage à partir de l'expérience acquise. La confiance en soi est importante, comme le sont aussi une bonne scolarité, la capacité d'apprendre et de résoudre des problèmes et l'aptitude à entretenir de bons rapports humains. Une personne qui possède une bonne dose de ces attributs peut souvent être autonome, c'est-à-dire qu'elle peut faire face à l'adversité sans détresse

Y a-t-il un profil socio-culturel de l’enfant résilient?

Non mais il y a un profil d’enfants traumatisés qui ont l’aptitude à la résilience, ceux qui ont acquis la «confiance primitive» entre 0 et 12 mois: on m’a aimé donc je suis aimable, donc je garde l’espoir de rencontrer quelqu’un qui m’aidera à reprendre mon développement. Ces enfants sont dans le chagrin mais continuent à s’orienter vers les autres, à faire des offrandes alimentaires, à chercher l’adulte qu’ils vont transformer en parent. Ensuite, ils se forgent une identité narrative: je suis celui qui... a été déporté, violé, transformé en enfant soldat, etc. Si on leur donne des possibilités de rattrapage, d’expression, un grand nombre, 90 à 95%, deviendra résilient. Il faut leur offrir des tribunes de créativité et des épreuves de gosses: le scoutisme, préparer un examen, organiser un voyage, apprendre à être utile. Les jeunes en difficulté se sentent humiliés si on leur donne quelque chose (et si en plus, on leur fait la morale). Mais ils rétablissent le rapport d’équilibre quand on leur donne l’occasion de donner. Devenus adultes, ces enfants sont attirés par les métiers d’altruisme. Ils veulent faire bénéficier les autres de leur expérience. Ils deviennent souvent éducateurs, assistants sociaux, psychiatres, psychologues.

Quelles ressources internes vont permettre à l’enfant de surmonter un traumatisme ? 

L’apprentissage et l’acquisition étonnamment précoces de la manière d’aimer, au stade inconscient préverbal. Un enfant aimé, se sent aimable. En cas de coup du sort, il souffre dans le réel mais il n’est pas forcément traumatisé. Ayant été aimé, il garde l’espoir de l’être à nouveau et de pouvoir réparer cette blessure. C’est le cas pour deux enfants sur trois, quelles que soient la culture, la religion ou le niveau social. La manière d’aimer, la façon dont on s’exprime, sourit et adopte un comportement de charme, se met en place, s’apprend, s’imprègne dans la mémoire biologique au cours des 12 – 18 premiers mois de la vie

Un enfant sur trois, du fait de la dépression de sa mère, du malheur de son père et très souvent aujourd’hui, d’un fracas économique ou social, n’acquiert pas cet attachement sécure qui lui donne une confiance primitive en lui. La blessure sera rattrapable pendant très longtemps, mais de manière de plus en plus laborieuse. Il faudra qu’il imprègne dans sa mémoire inconsciente, le sentiment qu’il souffre mais qu’on peut l’aimer et désirer l’aider

La majorité des enfants qui n’ont pas acquis l’attachement sécure adopte une manière d’aimer évitante. L’enfant parait froid alors qu’il vit un orage intérieur. Si quelqu’un souhaite l’aider, il ne bouge et ne joue pas. Une part importante des enfants insécures adopte un attachement ambivalent. Si on veut l’aider, l’enfant donne des coups de pied ou se met à mordre. Enfin, environ 5 % de ces enfants sont confus, désespérés et ne savent entrer en relation que par la détresse. En cas d’épreuve, les enfants évitants, ambivalents ou confus seront plus vulnérables. 

L'enfant en devenir

Selon Cyrulnik, grand spécialiste de l'attachement, les tout premiers moments de vie y sont pour beaucoup. "Sécure" ou "insécure", le mode de relation qui se sera instauré entre le bébé et sa mère déterminera le " style comportemental" de l'enfant en devenir, sa manière de se lier, de découvrir le monde, de réagir aux séparations et aux catastrophes. Mais, chez tout un chacun, affirme-t-il, des "braises de résilience" sont présentes. Qu'on souffle dessus à bon escient, et l'enfant meurtri, fracassé, stoppé net dans son développement par le deuil, la maltraitance ou les atrocités de la guerre sortira de son " agonie psychique" et reprendra le chemin de la vie. Un pouvoir de "renaissance" dont plusieurs équipes dans le monde commencent à découvrir la puissance. Mais qui implique de rencontrer, sur ce chemin épineux, des "tuteurs de développement"  suffisamment solides et compréhensifs.

Dès leurs premiers jours, les bébés adaptent leurs comportements en fonction de l’attitude des parents à leur égard. Quatre sortes d’attachement réciproque peuvent ainsi être distinguées : 

  • Sécurisant (65 %), ces enfants ont les meilleures chances de s’en sortir en cas de malheur ; 
  • Evitant (20 %), ils maintiennent leurs distances ; 
  • Ambivalents ou désorganisés (15 %). 

Selon le type de relation qu’ils réussissent à établir, ils sauront plus ou moins bien se reconstruire après une blessure de la vie.

Savoir mettre au monde

"Faire naître un enfant n’est pas suffisant, il faut aussi le mettre au monde" affirme Boris Cyrulnik. Ses travaux insistent sur l’importance des "nourritures affectives". C’est pour l’avoir ignoré, sous l’ère Ceausescu, que 40 % des orphelins et enfants abandonnés sont morts en Roumanie. Les adultes doivent aider les enfants à se construire un capital psychique qui leur permettra de façonner leur résilience et trouver les ressources intérieures et extérieures le moment venu. Ainsi quand un père joue à poursuivre son enfant en faisant la grosse voix, ce dernier comprend qu’il s’agit d’un jeu. Cette comédie permet la familiarisation avec l’inconnu et sert à maîtriser sa peur. Cela ne signifie pas que l’enfant sera "immunisé" à vie contre les malheurs, mais il acquière un premier facteur de résilience. 

Facteurs favorisant la résilience

  • les traits de caractère, dont la sociabilité, l'aptitude à régler des problèmes, l'autonomie, la persévérance et l'optimisme; 
  • les familles et les écoles, qui prodiguent soins et soutien et qui ont des attentes élevées mais réalistes, et donnent aux enfants l'occasion de participer et de contribuer; 
  • les familles qui ont la force de faire face et de résister au stress chronique et aux crises répétées; 
  • les communautés et les nations soucieuses du bien-être général, qui viennent en aide à la famille et qui considèrent l'enfant comme une ressource commune et précieuse.

Notre rôle est de les aider à prendre conscience de leurs ressources mobilisables. Les influences extérieures sont capitales. La résilience introduit aussi l'idée d'un compagnonnage avec l'enfant. Aider tout bébé à développer ses compétences «précocissimes» comme nous savons le faire aujourd'hui, c'est lui permettre de devenir résilient.

Source : http://www.webdlambert.com/dossier-resilience.html

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Emotion positive  posté le vendredi 27 août 2010 08:26

Le plaisir, comme toute émotion positive, peut s’entretenir consciemment. De nombreux exercices spirituels suggèrent de se concentrer sur les émotions positives, de prendre le temps de les entretenir à l’intérieur de soi, de simplement s’y attarder. On peut, par exemple, choisir un souvenir agréable et se concentrer dessus lorsque l’on commence à se sentir glisser dans le stress. Le dalaï-lama dit très directement : « Essayez simplement chaque jour d’avoir plus d’émotions positives que d’émotions négatives, et vous serez un meilleur être humain. » Il semble que ce soit surtout une question d’entraînement…

David Servan-Schreiber

 

David Servan-Schreiber est psychiatre. Auteur de Guérir (Pocket, 2005) et d’Anticancer (Robert Laffont, 2007), Source : http://www.psychologies.com/Moi/Problemes-psy/Deprime-Depression/Articles-et-Dossiers/Guerir-c-est-rencontrer-une-partie-de-soi-meme/4

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De l'art de devenir zen  (Etats d'âme) posté le jeudi 26 août 2010 11:39

Comment devenir zen, comment lâcher prise et apprendre à vivre dans l'instant présent ?Journaliste et chef de rubrique à Psychologies magazine, Erik Pigani est psychologue de formation et psychothérapeute. Il s'est spécialisé dans la psychologie transpersonnelle. Il est l'auteur de Soyez zen et nous livre ses clefs

Que signifie le mot “zen” ?

Le terme “zen” en vient du mot chinois “chan”, qui signifie “méditation”. C'est une tradition très ancienne, née aux alentours du VIe siècle après Jésus-Christ. Le zen n'est pas une religion. C'est une philosophie, un art de vivre. Il n'existe pas de textes ou de livres sacrés, car tout est basé sur une transmission orale, mais il a toutefois donné lieu à une profusion d'écrits poétiques.

Méditation signifie littéralement : calme de l'esprit. Etre zen, c'est avoir l'esprit en paix. Le zen peut être pratiqué par tout le monde, il n'est pas besoin de croire en un dieu quelconque. Mais pratiquer le zen, c'est aussi acquérir une dimension spirituelle, car c'est entrer en contact ave soi, au plus profond de soi. C'est vivre la vie, la nature, tout ce qui nous entoure d'une autre manière, avec un sens différent.

Le but du zen n'est pas de comprendre le monde dans lequel nous évoluons. Mais de connaître et comprendre qui l'on est réellement. Et d'être pleinement ce que l'on est, à ce que l'on fait, dans l'instant présent.

Peut-on apprendre à devenir zen ?

Cela peut s'apprendre et se pratiquer tous les jours. Comme l'expliquait un grand maître du zen, “être zen, c'est se contenter d'être assis quand on est assis, se contenter de marcher quand on est en train de marcher”. C'est être présent à soi-même quoi qu'il arrive, garder ses distances par rapport à ses émotions.

Mais pour cela, il faut tout d'abord l'expérimenter, le goûter, le ressentir. Alors entraînez-vous ! Par exemple dans les gestes de la vie de tous les jours. Vous épluchez les légumes : focalisez-vous sur vos gestes, sur ce que vous ressentez en touchant le légume, en l'épluchant, sur vos mains et sur la manière dont elles bougent. Vivez ce moment et uniquement ce moment. Vous vous apercevrez alors que des pensées de tout ordre assaillent sans cesse votre cerveau. Mais en vous concentrant uniquement sur vos gestes, vous allez arriver à les faire taire.

Au début, cela paraît difficile car peu de gens ont l'habitude de vider leur tête. Nous ne savons pas toujours que l'on peut exercer une certaine emprise sur son cerveau. La première fois, vous allez y arriver pendant trois secondes, puis dix secondes. A la longue, si vous le faites un peu chaque jour, vous prendrez conscience de ces pensées qui vous parasitent et vous parviendrez à les stopper. Et cela deviendra de plus en plus naturel.

Qu'est-ce que la pratique du zen nous apporte ?

Cela permet à votre cerveau de se reposer. De bénéficier de périodes de calme et de se ressourcer. Quand on sait atteindre le calme mental, cela aide par exemple à mieux gérer le stress, les moments de crise. On s'est également aperçu que la méditation, le calme de l'esprit renforce le système immunitaire : le corps n'est plus l'unique réceptacle de tous les maux de notre psychisme.

Enfin, le zen augmente nos capacités de travail, et surtout notre créativité. Car être zen permet à l'inconscient supérieur de s'exprimer directement et de libérer ses richesses. La pratique zen peut donc s'assimiler à une hygiène de vie, à un état d'être.

Pour celles et ceux qui veulent poursuivre dans cette voie, et apprendre à faire le vide sans le support d'un geste, il existe bien sûr la méditation zen, le zazen. Mais c'est l'une des formes les plus dures de la méditation et je ne saurais qu'encourager ses futures adeptes à s'inscrire à une école de méditation pour se faire accompagner : c'est le meilleur moyen d'apprendre les bons gestes, les bonnes postures, pour accéder peu à peu à son vrai Soi.

http://www.psychologies.com/Therapies/Developpement-personnel/Epanouissement/Interviews/De-l-art-de-devenir-zen
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EMDR : le vrai mode d’emploi  (Etats d'âme) posté le mercredi 25 août 2010 12:14

Bouger les yeux pour guérir l’esprit ? C’est le pari de l’EMDR, méthode fondée par la psychologue américaine Francine Shapiro, dont l’ouvrage Des yeux pour guérir vient de sortir en France. Les résultats sont étonnants. A condition d’utiliser cette technique à bon escient. Explications.

Sylvain Michelet

Sommaire

C’est par hasard, lors d’une promenade en mai 1987, que la psychologue américaine Francine Shapiro découvrit que ses « petites pensées négatives obsédantes » disparaissaient quand elle faisait aller et venir rapidement ses yeux de gauche à droite. Il ne lui en fallut pas davantage pour proposer l’exercice à ses collègues, l’expérimenter auprès de ses patients et créer l’EMDR, avec des résultats éclatants – notamment pour les états de stress posttraumatique (ESPT) subis par les victimes de conflits, d’attentats, de violences sexuelles ou de catastrophes naturelles.
Devenue chercheuse au Mental Research Institute de Palo Alto, le docteur Shapiro a reçu en 2002 le prix Sigmund Freud, plus haute distinction mondiale en psychothérapie. Entre-temps, soixante mille praticiens avaient été formés à l’EMDR dans plus de quatre-vingts pays, une association humanitaire était née pour intervenir après les grandes catastrophes. Les études, dont celles sur les ESPT menées par l’administration américaine chargée des anciens combattants, ont confirmé l’efficacité de l’EMDR. Les personnes traitées se comptent aujourd’hui par centaines de milliers, avance Francine Shapiro (aux Etats-Unis, chaque victime directe ou indirecte d’une catastrophe -attentat, accident d’avion… - à la possibilité d’être traitée rapidement par EMDR).

QUAND ?

Après un traumatisme
La méthode ne s’applique pas qu’aux grands chocs, mais aussi aux plus petits traumatismes, comme les expériences pénibles laissant un souvenir trop empreint de souffrance. « Venue consulter pour des angoisses et des paniques auxquelles je ne trouvais aucune cause, raconte Cécile, la quarantaine, en réponse à notre appel à témoins sur Psychologies.com, j’ai choisi un souvenir pénible où j’avais pris la fuite. Après une série de “balayages”, j’ai senti une douleur très forte dans mes jambes. Mon thérapeute m’a alors demandé de regarder ses doigts et a répondu : “OK, on va faire partir ça !” La douleur et l’émotion liées au souvenir ont disparu en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, j’étais scotchée ! Puis, nous avons installé une croyance positive à la place de la croyance négative en rapport avec cette émotion. “Je suis nulle” devait être remplacé par “Je suis quelqu’un de bien”. Soudainement très calme, je me suis sentie respirer comme jamais. »
L’EMDR peut aussi se révéler efficace dans d’autres types d’affections, comme la toxicomanie, l’anorexie ou la dépression. « Cette méthode voit s’ouvrir sans cesse de nouvelles perspectives, telles la dépression sans cause traumatique ou la schizophrénie à ses débuts », explique Jacques Roques, psychologue, psychanalyste et vice-président d’EMDR-France. Seuls les cas de psychose, les états suicidaires et les troubles cardiaques récents figurent parmi les contre-indications.

COMMENT ?

Dissocier émotion et souvenir

Souvenir et émotion négative contre croyance positive. Le secret serait-il dans la tension entre ces représentations contradictoires, dans leur évaluation plusieurs fois par séance, ou réside-t-il dans les mystérieux balayages des yeux ? Marie, institutrice trentenaire, en livre les détails : « Je devais, en restant dans mon souvenir et dans l’émotion qu’il suscitait, fixer les mouvements que la thérapeute faisait avec sa main, de gauche à droite. Une quinzaine d’allers-retours cadencés, amples et précis, larges de un mètre environ. Ensuite, nous avons fait une pause en reparlant de la scène et de mon émotion. J’avais le sentiment qu’elle cherchait à m’y faire rentrer tout à fait. Après la deuxième séquence de mouvements, je me sentais différente, plus calme. Nous avons recommencé encore deux fois, avec des pauses où l’on évaluait le degré de l’émotion. A la fin, j’étais apaisée. »
« Il y a de l’hypnose là-dedans, et beaucoup d’autres choses inspirées de la sophrologie, du comportementalisme ou des sciences cognitives », reconnaît Francine Shapiro. Mais le souvenir traumatique ne s’évanouit pas, aucun claquement de doigts ne vient effacer une portion de temps. Le réconfort ne vient pas non plus par suggestion ou relaxation, et encore moins par immersion avec « visite » des lieux du drame. Il ne repose pas sur des mots, des images ou des sons, comme dans la majorité des thérapies. « C’est différent, explique Marie. On est au cœur d’une émotion qui nous emporte, et petit à petit elle nous quitte, ou du moins va se blottir quelque part où elle ne fait plus mal. On sait qu’elle est là, qu’on l’a vécue, mais c’est un souvenir. » « Je regarde le passé autrement, précise Claire, 50 ans, consultante. Au lieu de subir, je me sens protégée et plus dynamique. »

POURQUOI ?

Désactiver l’émotion
Même si l’EMDR pose en postulat que l’esprit possède, comme le corps, une capacité à s’autoguérir, on peut s’interroger sur une telle simplicité. La réponse réside dans une conception nouvelle du traumatisme, qui fait appel à la neurologie. « Chaque événement douloureux laisse une marque dans le cerveau, précise le psychiatre David Servan-Schreiber, qui a introduit la méthode dans l’Hexagone, et qui préside l’association EMDR-France. Celui-ci effectue alors un travail de “digestion” permettant aux émotions qui accompagnent le souvenir de se désactiver. A moins que le traumatisme ait été trop fort ou ait frappé à une période où nous étions vulnérables. Dans ce cas, les images, les pensées, les sons et les émotions liés à l’événement sont stockés dans le cerveau, prêts à se réactiver au moindre rappel du traumatisme. Dans l’EMDR, le mouvement oculaire “débloque” l’information traumatique et réactive le système naturel de guérison du cerveau pour qu’il complète son travail. »
Sans afficher de certitudes, Francine Shapiro propose un rapprochement entre l’EMDR et le sommeil à mouvements oculaires rapides, ce moment où l’on rêve mais où s’effectue également la répartition mémorielle. Car évidemment, tout repose sur la mémoire, sur l’encodage du souvenir et des émotions qui l’accompagnent. Ce qui soignerait, dans l’EMDR, c’est de « reformater » cet encodage. Replongé dans son passé afin d’être au plus près des perceptions sensorielles éprouvées au moment de l’événement, le patient est conduit, grâce à une stimulation sensorielle, à concentrer son activité cérébrale sur le présent. De cette polarisation naîtrait la possibilité de retraiter le traumatisme par dissociation de l’émotion et du souvenir. D’où le fait que celui-ci ne disparaisse pas. Il se délivre de sa charge émotionnelle, comme après un deuil.

AVEC QUI ?

Choisir un thérapeute agréé
Cette réactivation traumatique n’est pas sans risque. « Beaucoup de choses remontent entre les séances, raconte Cécile. J’ai eu par exemple un flash concernant un gros traumatisme subi dans ma petite enfance, dont j’avais complètement oublié l’existence. » Un traumatisme pouvant en cacher un autre, il est indispensable de pratiquer l’EMDR avec un psychiatre ou un psychologue dûment formé. Ils sont actuellement plus d’une centaine en France.

DE QUOI S’AGIT-IL ?

EMDR : Eye Movement Desensitization and Reprocessing, ou désensibilisation et reprogrammation par des mouvements oculaires.
LE PRINCIPE : « Si un événement douloureux a été mal “digéré” parce que trop violent, explique le psychiatre David Servan-Schreiber, les images, les sons et les sensations liés à l’événement sont stockés dans le cerveau, prêts à se réactiver au moindre rappel du traumatisme. Le mouvement oculaire débloque l’information traumatique et réactive le système naturel de guérison du cerveau pour qu’il complète le travail. »

UNE THERAPIE CONTROVERSEE :
L’EMDR fait l’objet depuis ses débuts d’une vive polémique. Un traitement sans mots, sans transfert, sans travail d’interprétation de l’inconscient ni décodage systématique, cela va à l’encontre des pratiques communes. Ses détracteurs ont longtemps discuté son efficacité, qualifiant l’EMDR de pseudoscience, se gaussant de la découverte selon laquelle une stimulation sensorielle autre que le mouvement oculaire peut aussi faire l’affaire.

« Jusqu’à présent, la psychothérapie était fondée sur une idée : seules l’écoute et la parole guérissent, explique Jacques Roques, vice-président d’EMDR-France. On parlait des problèmes psychiques uniquement en termes de sémantique – la rencontre de la mort pour les états de stress posttraumatique, par exemple. Or on se rend compte maintenant de l’importance du fonctionnement cérébral. La psyché est indissociable de son substrat neurologique : on peut restimuler le traitement de l’information de manière parfois fulgurante, contredisant l’idée reçue selon laquelle il faut du temps pour guérir. »
Aurions-nous du mal à admettre que notre cerveau puisse être reprogrammé comme un ordinateur ?…

A LIRE :
“Des yeux pour guérir” de Francine Shapiro et Margot Silk Forrest.
Aidée d’une journaliste, la créatrice de l’EMDR livre enfin ses secrets en français, avec nombre d’explications et d’exemples à l’appui (Seuil, 2005).
“Guérir” de David Servan-Schreiber.
Dans son livre best-seller, le docteur David Servan-Schreiber consacre plusieurs chapitres à l’EMDR, qu’il définit comme une « autoguérison des grands traumatismes » (Pocket, 2005).
“EMDR, une révolution thérapeutique” de Jacques Roques.
En s’adressant au grand public comme aux professionnels, ce psychanalyste, ex-praticien au CHU de Nîmes, fait œuvre didactique et offre un portrait complet de l’EMDR : troubles, traitement, développements cliniques (Desclée de Brouwer, 2003).

A VOIR :
Une interview filmée de Ludwig Cornil (psychologue et formateur) sur la thérapie EMDR, sur www.psy.be – aller dans « Coin lecture et vidéo », section « Interview vidéo ».

 Source: http://www.psychologies.com/Therapies/Toutes-les-therapies/Therapies-breves/Articles-et-Dossiers/EMDR-le-vrai-mode-d-emploi

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